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Quarante et un coups de canon de Mo Yan

Written By: armand - Août• 25•14

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41 coups de canon

41 coups de canon

Éditions Points, 2013, 583 pages

Xiaotong est un enfant-viande.

Du moins se désigne-t-il ainsi. Il habite dans le village des bouchers. Ces anciens agriculteurs ont constaté que l’abattage des animaux de toute sorte était bien plus enrichissant que l’agriculture où l’élevage. Et le chef du village, Lao Lan, issu d’une famille proscrite par le maoïsme car riche, s’enrichit royalement de ces abattages qui deviennent de plus en plus mécanique et où les pires roueries vont pouvoir s’exprimer car, la viande, doit être belle, attrayante, quitte à lui ajouter des produits interdits et quitte à lui donner plus de poids par l’ajout d’eau. Force est de constater qu’en Chine comme dans tous les pays occidentaux, les pires manœuvres sont faites pour vendre et obliger les hommes à devenir carnivore. C’est bien là l’histoire de cet enfant, Xiaotong, à qui son père a appris à déguster la viande et ainsi à être capable de reconnaître chaque animal, chaque morceau de l’animal, l’état de fraicheur de la viande, etc., juste en la goûtant. Hélas, le père tant admiré s’est sauvé de la maison après être tombé dans le « con de Mule Sauvage » et ne pas avoir pu s’en arracher – d’après ce que dit Lao Lan à Xiaotong. Évidemment, il y a plus élégant, mais ce ne sont pas des enfants de chœur qui habite le village des bouchers.

Xiaotong se retrouve donc abandonné

par ce père tant admiré, et aux mains de sa mère acariâtre, Yang Yuzhen. Il a cinq ans et sa mère va désormais le traiter comme son laquais. Il n’ira pas à l’école mais viendra avec elle faire de la récupération car l’idée de cette femme est simple : elle gagnera beaucoup d’argent afin de pouvoir faire construire sa maison aux belles tuiles rouges comme celles des habitants qui ont réussi. Acharnée, dure à la tâche, elle entraîne son fils à travailler sans cesse jusqu’à ce qu’elle réussisse son but. Le voilà soumis à un régime terrifiant. Il ne mangera plus de viande mais des légumes ! Lui, l’enfant viande est réduit à nier ce qu’il est. Pour cela, il hait sa mère et l’insulte dès qu’il en a l’occasion. En même temps, il sait très bien que cette femme est plus forte que lui, lui qui a hérité de la faiblesse de son père.

Heureusement, les mauvais traitements ont toujours une fin et le talent inné de Xiaotong de reconnaître toutes les viandes va lui valoir l’aide inespérée de Lao Lan, ce chef du district, ami d’enfance de son père Luo Tong, qui admire les qualités de cet enfant. Peut-être y a-t-il aussi un attrait pour Yang Yuzhen, la femme de son ex-ami ? Le village le soupçonne mais lui s’en moque. Et puis, les ambitions politiques de Lao Lan sont au-dessus de ce que pense le petit peuple.

Et un jour, le miracle s’accomplit.

Luo Tong, le père de Xiaotong, revient.

Sa maîtresse Mule Sauvage est décédée et il revient la tête basse, sans trop espérer être repris par sa femme, d’autant qu’il ne revient pas seul. Une petite fille, Jiaojiao, l’accompagne. Xiaotong va immédiatement l’adopter car elle est la plus belle des petites filles, elle est sa sœur et elle adore la viande. Beaucoup de points communs donc. Et puis, son père est de retour et, grâce à ce retour la viande va revenir dans cette maison bien vide.

Dès lors, tout va devenir facile. Lao Lan va les aider et vouloir que les deux enfants fréquentent l’école. Xiaotong a 11 ans et n’a jamais appris à lire ou à écrire mais la vie menée avec sa mère lui a appris bien plus que tout ce que la maîtresse veut lui apprendre. Il ne restera pas à l’école. Il veut travailler pour Lao Lan comme le font déjà son père et sa mère. Sa petite sœur calque sa vie sur la sienne et préfère, à 4 ans, faire autre chose qu’aller perdre son temps à l’école. Lao Lan, admiratif devant l’intelligence pratique de l’enfant, décide de lui confier le poste de responsable de la production dans son usine à viande. Dès lors tout devient possible. Se gaver de viande. Commander des adultes qui le détestent. Imposer ses points de vue…

Tout aurait pu être merveilleux

s’il n’y avait eu, le jour de l’enterrement de la femme de Lao Lan, une effroyable dispute. Suzhou, dont la sœur s’est pendue un jour, vient traiter Luo Tong de sale cocu. Il est poussé à cela par Yao le septième, ennemi juré de Lao Lan et de Luo Tong. Le drame va être très rapide. Suzhou tente de tuer Lao Lan qui devra la vie à Yang Yuzhen. Il va alors déballer toutes les pires calomnies que le village colporte sur la vie de cette femme. Puis, s’adresser à Luo Tong en le traitant de cocu, d’impuissant et de bien d’autres vocables tous plus horribles les uns que les autres dont le fait que Lao Lan couche avec Yuzhen ce qui vaut les places enviées qu’occupent la famille. Luo Tong va craquer d’une façon terrifiante…

Tout cela, on l’apprend lors de la longue confession à laquelle se livre Xiaotong auprès d’un moine dont il veut devenir le disciple car, lui, Xiaotong, a désormais 20 ans et ne peut plus vivre cette vie misérable dans laquelle il est relégué depuis cette horrible journée. Et il raconte, raconte… et, pendant ce temps, un étrange ballet se déroule devant et dans le temple où vit le grand moine impassible auquel se confie Xiaotong. Un ballet fantastique autant que fantaisiste…

Cette présentation n’est qu’une misérable mise en bouche

de ce roman aux multiples facettes, roman picaresque ou une multitude de personnages truculents apportent une vie foisonnante. Je laisse la parole à la postface de ce livre tout en la modifiant à ma guise. Quarante et un coups de canon suit une voie opposée à celle du Tambour de Günter Grass. Xiaotong grandit mais son esprit n’a jamais suivi son corps. Il reste dans ses rêves d’enfants qui l’entraînent dans les plus grandes extravagances. Sa jeunesse est réécrite sur le mode d’un mythe dont il est le héros. Sa vie devient une merveille d’accomplissement. Mais en fait, quel est le but ultime de l’auteur ? Il n’en est qu’un : « celui de raconter, la narration est le thème principal du livre, la pensée même de celui-ci… » et dans cette narration, Xiaotong est « un enfant qui a toujours la bouche pleine de mensonges, qui parle à tort et à travers, qui tire sa satisfaction de sa propre narration… ».

Un livre merveilleusement écrit

qui nous entraîne dans le point de vue d’un adulte sur son enfance fantasmée. A lire avec délice.

 

Mais qui est Mo Yan?

Mo Yan

Mo Yan

 

Mo Yan (chinois : 莫言 ; pinyin : Mòyán ; littéralement : « celui qui ne parle pas »), de son vrai nom Guan Moye (管谟业 / 管謨業, Guǎn mó yè), est un écrivain chinois, né le 17 février 1955[réf. nécessaire] ou en mars 1956 à Gaomi dans la province du Shandong en Chine. Le 11 octobre 2012, il a reçu le prix Nobel de littérature. (extrait de http://fr.wikipedia.org/wiki/Mo_Yan)
Mo Yan est né dans une famille de paysans de l’est du pays et a longtemps vécu au cœur de la campagne chinoise dont le souvenir nourrit son œuvre. Le Seuil a publié une quinzaine de titres, tous également en Points – leur succès ne se dément pas.


Mo Yan veut ‘enthousiasmer’ les lecteur chinois… par afp

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